TPMP : Un management à la dure qui ne devrait pas exister

Plus vous passerez de temps devant l’émission TPMP, plus vous constaterez que Touche Pas à Mon Poste illustre parfaitement tout ce qui ne faut pas faire en matière de management. Les rires et les paillettes sont à peine visibles face à tous les mécanismes souvent humiliants mis en place pour faire de l’audimat.

Un management dans TPMP qui commence par du bizutage

Je ne pouvais pas ne pas mentionner les polémiques de bizutage chez TPMP. Revenons sur l’arrivée de Mathieu Delormeau, un chroniqueur phare de l’émission. Tout d’abord, il rentre dans l’émission, avec ses futurs collègues qui doivent débattre sous ses yeux sur le thème « Matthieu Delormeau : bonne ou mauvaise idée », ça ne sera pas le seul « nouveau » a avoir le droit à ce genre de débat. Imaginez qu’on vous fasse ça pour votre premier jour en entreprise… Il y a eu ensuite la « blague » des nouilles dans le pantalon et d’autres « brimades ». Non ce n’est pas normal, non ce n’est pas drôle. Humilier pour faire rire, ne devrait être une méthode d’animation ou de management chez TPMP ou ailleurs. Rappelons, qu’un bizutage de cette sorte est interdit en entreprise. Le CSA était intervenu à l’époque.

TPMP : Des opinions durs à entendre

Le jugement

TPMP organise des « conseils de classe », émission durant laquelle chaque chroniqueur est jugé, noté par ses collègues. Ceci devant les millions de téléspectateurs. Alors oui, en entreprise les critiques sont courantes, cependant ici, celles-ci peuvent prendre une grande ampleur. Si les critiques sont fortes, font mal ou rire, alors, l’audience a plus de chances d’être au rendez-vous, l’impact psychologique de celles-ci semble importer peu.

Notons toutefois qu’il y a parfois, même souvent des remarques positives faites aux chroniqueurs « tu as fait une bonne émission », « il est vraiment drôle aujourd’hui ». Mais l’employé de l’émission peut rester dans la peur de décevoir, dans ce sentiment d’être constamment jugé.

Les clashs

Les chroniqueurs se « clashent » souvent, cela créé une atmosphère de travail assez compliquée. « Le clash fait de l’audience » c’est bien connu. On peut cependant imaginer, que plusieurs disputes au travail par semaine entrainent un stress assez considérable chez les employés. Travailler dans cette atmosphère n’est pas saint.

Moqueries

Avez-vous déjà vu une émission sans qu’on se moque des yeux de Benjamin Castaldi, de l’âge d’Isabelle Morini bosc ?Benjamin Castaldi, finira par faire de la chirurgie esthétique pour ce complexe qu’il n’avait pas auparavant. Aucune remise en question du présentateur à ce sujet, car « entre potes on se charrie ».

Une séparation entre vie professionnelle et personnelle fragile

Chaque chroniqueur est régulièrement sollicité pour raconter sa vie. Pour une personne ne voulant pas rentrer dans les détails, cela devient compliqué, car l’émission vie aussi de ce type d’anecdotes. On sait donc qui a divorcé, combien à coûté tel mariage, comment tel chroniqueur a trompé son ancienne copine, à quel point certains ont souffert de ne plus avoir de travail etc. C’est ce qu’on appelle l’extimité, un phénomène très actuel puisque les réseaux sociaux ont fortement participé à son développement.

Dans TPMP, le mangement repose sur la dénonciation

Le présentateur, Cyril Hanouna, demande régulièrement à ses chroniqueurs « de balancer » des anecdotes sur leurs collègues. Alors, bien sûr, chacun pourrait se taire, mais avoir un scoop à balancer sur un collègue, c’est plaire à Cyril Hanouna, être envié par les collègues, apprécié par le public et donc augmenter ses chances de faire plus d’émissions. Les valeurs éthiques tel que la confiance se retrouvent donc mise à mal.

Les chroniqueurs sont souvent filmés pendant les coupures pub et les images peuvent être ensuite diffusées. On peut cependant imaginer, que beaucoup ont pris l’habitude d’être d’être dans une maîtrise de leurs actions durant ces coupures afin de maitriser leur communication.

Contrat de travail fragile

Assez transparent sur le sujet, certains chroniqueurs dévoilent leurs salaires et le fonctionnement de leur contrat de travail. De manière générale, ils ont deux émissions garanties (payées) par semaine, ceci génère un stress pour certains, car ils ne sont donc pas sûrs de faire assez d’émissions pour subvenir à leur train de vie. On les appelle pour une émission, parfois oui, parfois non, sans leur donner de raison. Certains témoigneront d’une certaine inquiétude générée chaque semaine à cause de ce système. Un système qui est donc loin de correspondre aux normes RSE.

Cette émission est regardée par des millions de téléspectateurs, outre le risque psychologique pour ces propres employés, le risque est aussi de banaliser après de son public ce type de management.

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